Le Centre Grégorien Saint Pie X interroge un de ses professeurs, M. Jean-Marie Mathieu, au sujet de son ensemble qui met en pratique le Motu Proprio de saint Pie X.

Monsieur Mathieu, vous êtes professeur au Centre Grégorien Saint Pie X, mais votre activité chorale ne se borne pas au chant grégorien puisque vous êtes, avec votre épouse et vos filles, chevilles ouvrières de l’ensemble polyphonique Pueri Teresiae. Pouvez-vous nous décrire la genèse de cet ensemble ?

Les Pueri Teresiae sont nés en 2010 sous le patronage de deux Thérèse illustres : celle d’Avila et celle du carmel de Lisieux. C’est avant tout un chœur familial créé à l’occasion du quatrième centenaire du Carmel de Bordeaux. Sous l’impulsion de leur tante carmélite et en souvenir de leur ancêtre commune, Marie-Thérèse, quatre générations ont vu là l’opportunité d’exprimer l’amour de leur famille et leur goût de la musique.

Qui sont les membres de cet ensemble ?

Ils sont une cinquantaine de choristes et instrumentistes. Certains sont professionnels dans la musique après être passés par les conservatoires supérieurs en violon, violoncelle, orgue, direction de chœur, écriture etc, beaucoup ont appris à maîtriser de nombreux instruments de l’orchestre, le chant et la direction dans les conservatoires et écoles de musique. Tous chantent dans différentes chorales paroissiales ou autres.

Quel est le répertoire de votre ensemble ?

Par cet article, nous voudrions exposer les points principaux du dernier document législatif sur la Musique Sacrée avant la Révolution Conciliaire. L’Instruction sur la Musique Sacrée et la Sainte Liturgie émane de la Sacrée Congrégation des Rites en septembre 1958. Elle reprend et synthétise les directives données dans les derniers documents législatifs du Saint Siège sur le sujet : le Motu Proprio Tra le sollecitudini de saint Pie X, la Constitution Apostolique Divini cultus de Pie XI et l’encyclique Musicæ sacræ disciplina de Pie XII. Nous omettrons ce qui ne concerne pas la musique.

Le § 12 fait une distinction absolue entre les “actions liturgiques” réglementées par cette législation et les “pieux exercices” pour lesquels une liberté plus grande est laissée. Ceci signifie qu’on ne peut considérer qu’une partie de la messe, par exemple, échappe aux règles de la liturgie (la distribution de la communion, pendant laquelle on ne pourrait chanter un cantique non autorisé ou non conforme). Toutefois le “pieux exercice” peut suivre ou précéder, comme une procession à la Sainte Vierge après la messe, au cours de laquelle le choix des cantiques sera plus libre.

Les chants en langue vernaculaire

Reprenant les directives de Pie XII, qui élargissent les possibilités par rapport à saint Pie X, l’Instruction ne permet les cantiques en langue vernaculaire que dans les “pieux exercices” ou de façon très restreinte dans les “actions liturgiques”.

Il est interdit de chanter le texte liturgique en langue vernaculaire (§13b, §14a et b), tout comme de le réciter en langue vernaculaire (§14b et c). L’épître et l’évangile ne peuvent qu’être lus en langue vernaculaire, jamais chantés (§16c) et, quoi qu’il en soit, après le chant du texte latin (§96e).

Le chant en langue vernaculaire dans les “actions liturgiques” ne peut être toléré par l’Ordinaire, c’est-à-dire l’évêque du diocèse, que s’il existe une coutume séculaire ou immémoriale qui ne peut prudemment être déracinée (§14a). En tous les cas, cela ne peut se faire, à la messe chantée, qu’après le chant du texte liturgique (§14a). Toutefois le §27 qui détaille pour les différentes parties de la messe ne parle que de chant latin. On peut aussi chanter dans les messes lues (§33) sans contrevenir aux règles précédentes et sans empiéter sur les paroles que le prêtre doit dire à voix haute, ainsi que leur réponse.

Le chant en latin est donc fortement conseillé dans toutes les actions liturgiques, particulièrement le chant grégorien, même pour les indigènes dans les pays de mission (§112b) et pour les enfants de l’école primaire (§106a).

Le chant grégorien

Il doit être préféré aux autres genres de musique sacrée (§16). Il doit être exécuté conformément à l’Édition Vaticane “typique” (§16b, §59). Les parties réservées au prêtre et à ses ministres doivent être exécutées selon ces mélodies et sans accompagnement instrumental (§16b). La réponse des fidèles doit aussi respecter la mélodie grégorienne.

On ne peut omettre une pièce grégorienne de la messe chantée, la tronquer ou la modifier. Toutefois si elle ne peut être exécutée telle qu’elle est écrite dans les livres liturgiques, elle peut être psalmodiée sur un ton de psaume (éventuellement avec accompagnement de l’orgue) ou chantée recto tono. Il faut une cause raisonnable qui peut être la longueur du chant (§21). C’est ainsi que nous avons des psalmodies pour les graduels, les alleluias et les traits, le même principe peut être étendu aux introïts, offertoires et communions, à moins de les chanter recto tono.

On invite les fidèles à participer au chant grégorien, tout au moins pour les réponses de la messe (§25a) et le Kyriale, à commencer par les plus simples (§25b). Mais l’Instruction incite à faire chanter les parties du propre même aux fidèles (§25c). Il est plus logique que les fidèles essaient de suivre l’introït chanté en se tenant debout, plutôt qu’ils se mettent à genoux pour réciter les prières au bas de l’autel qui sont alternées avec le servant.

Les chorales féminines

L’Instruction reprend à son compte la nouveauté apportée par l’encyclique de Pie XII : si le chant sacré fait partie de la fonction du lecteur (2e ordre mineur) qui exerce par là un service ministériel propre et direct, si ce service peut être délégué à des hommes, mariés ou non (§93), Pie XII introduit la possibilité de chorales féminines ou mixtes à certaines conditions (§100). Voici l’instruction : « Un tel chœur doit être établi dans un endroit placé hors du sanctuaire ou de la balustrade ; les hommes doivent se tenir à part des femmes ou des jeunes filles, tout inconvénient étant soigneusement évité. »

Il est vrai que la pénurie d’hommes et d’enfants dans les chorales paroissiales se fait souvent sentir. Il sera bon de tirer profit de cette autorisation en veillant aux inconvénients qui peuvent en résulter, de telle manière, en particulier, que les demoiselles prennent goût au chant liturgique et particulièrement au chant grégorien. Il ne faudrait pas que le respect d’une discipline imposée par saint Pie X et levée par Pie XII aboutisse à manquer à la règle d’or donnée par saint Pie X : le chant grégorien est le chant liturgique par excellence, il doit être préféré à tout autre. À défaut que toute la foule puisse chanter le propre de la messe, les femmes de la chorale pourront y être initiées.

Le pouvoir de l’Ordinaire

Plusieurs règles liturgiques (quant au choix des instruments par exemple) ont été progressivement assouplies avec le temps. Saint Pie X donne encore des références précises de ce qui est interdit et ce qui est permis. En revanche chez Pie XII et dans l’Instruction que nous exposons, beaucoup d’éléments sont laissés au jugement de l’Ordinaire, c’est-à-dire de l’évêque du lieu. Pour reprendre notre exemple, il n’y a plus d’instruments nommément interdits par Pie XII (tandis que saint Pie X condamne expressément la fanfare à l’église), mais on confie aux Ordinaires de veiller au bon usage des instruments (§68-69 qui complète le §60).

L’Instruction confie aussi le jugement sur un certain nombre de cas à la Commission de musique sacrée qui doit exister dans chaque diocèse (§118). Puissions-nous voir une législation en la matière au sein de la Tradition !

Par l’abbé Louis-Marie Gélineau, prêtre de la FSSPX

Cette prière, dite de saint Ignace, est très répandue dans la chrétienté. C’est pourquoi les compositeurs n’ont pas manqué pour lui donner une musique : Jean-Baptiste Lully, Auguste Chérion, Joseph Gélineau, Marco Frisina et Bernard Gélineau. Peut-on dire que toutes ces compositions soient également propres à la liturgie ? Nous répondrons selon les critères de la musique sacrée définis par le pape saint Pie-X : sainteté, excellence des formes et universalité1.

Une très belle prière

L’origine de cette prière est très ancienne, on la trouve déjà dans un livre d’heures du XIVe siècle. Elle est attribuée au franciscain Bernardin de Feltre, à saint Thomas d’Aquin ou au pape Jean XXII qui lui accorda une indulgence de 300 jours. Son auteur réel reste inconnu. Saint Ignace la fait réciter à la fin de chaque méditation dans ses exercices spirituels. Elle se répandit ainsi dans les livres de piété et les bréviaires et Pie XII la récitait très souvent, encore au moment de recevoir les derniers sacrements.

Cette prière demande l’union totale au Christ par la purification de toutes nos souillures afin d’arriver à la béatitude éternelle.

En voici le texte :

 

Âme du Christ, sanctifiez-moi,

Corps du Christ, sauvez-moi.

Sang du Christ, enivrez-moi,

Eau du côté du Christ, lavez-moi.

Passion du Christ, fortifiez-moi.

Ô bon Jésus, exaucez-moi.

Dans vos blessures, cachez-moi.

Ne permettez pas que je sois séparé de vous.          

De l’ennemi défendez-moi.

À ma mort appelez-moi.

Ordonnez-moi de venir à vous,

Pour qu’avec vos saints je vous loue,

Dans les siècles des siècles, Ainsi soit-il.

 

Anima Christi, sanctifica me.

Corpus Christi, salva me.

Sanguis Christi, inebria me.

Aqua lateris Christi, lava me.

Passio Christi, conforta me.

O bone Jesu, exaudi me.

Intra tua vulnera absconde me.

Ne permittas me separari a te.

Ab hoste maligno defende me.

In hora mortis meae voca me.

Et iube me venire ad te,

Ut cum Sanctis tuis laudem te.

In saecula saeculorum. Amen

 

Un motet grégorien

Dans des livres de cantiques comme le Besnier, on trouve un motet Anima Christi qui ajoute au texte précédent « Miserere Domine » après chaque strophe. On peut en trouver plusieurs mélodies, mais la plus courante, donnée ici est en premier mode. Elle est certainement de composition tardive, comme en témoignent ces grandes montées et descentes mélodiques que l’on ne trouve pas dans les hymnes anciennes.

Quant au texte, la prosodie du latin est bien respectée, beaucoup d’accents sont à l’aigu, comme au levé tandis que les finales sont bien posées. Ainsi le motet se chante assez naturellement. On peut déplorer seulement quelques écarts à ces principes comme le “lateris” peu heureux, de même le “passio Christi” et le “jube me”.

Une version baroque : Lully

Jean-Baptiste Lully (1632-1687) a composé, parmi ses petits motets, un Anima Christi à trois voix et basse continue2. Nous sommes très loin du motet précédent. On y retrouve toute l’expression des affects baroques : les descentes chromatiques (par demi-tons) qui lui donnent un caractère de déploration, les ornements dignes de l’opéra baroque, les imitations entre les voix. L’aspect théâtral de cette pièce n’est donc pas à démontrer.

De ce fait, elle tombe sous la condamnation de saint Pie X dans son Motu Proprio : « Parmi les divers genres de musique moderne (entendez post-Palestrinienne), il en est un qui semble moins propre à accompagner les fonctions du culte, c’est le genre théâtral. » Cet Anima Christi ferait donc un très beau concert spirituel, mais quant à rentrer dans la liturgie, il ne devrait pas.

Une version romantique : Auguste Chérion

Auguste Chérion (1854-1904), prêtre du diocèse de Moulins, fut maître de chapelle à la cathédrale de Moulins, puis il prit la suite de Gabriel Fauré à La Madeleine à Paris en 1896. Formé à l’école Nidermeyer dont la base de l’apprentissage était l’accompagnement du chant grégorien, il était à même de respecter la règle d’or de saint Pie X : « Une composition musicale ecclésiastique est d’autant plus sacrée et liturgique que, par l’allure, par l’inspiration et par le goût, elle se rapproche davantage de la mélodie grégorienne, et elle est d’autant moins digne de l’Église qu’elle s’écarte davantage de ce suprême modèle. »

Dans son Anima Christi3 il faut souligner en premier lieu un traitement du texte tout à fait respectueux de l’accent latin mis en valeur par des valeurs longues et appuyées. Toutes les voix ont le même rythme, ce qui rend la musique plus simple à exécuter et à écouter.

La mélodie est simple et assez proche du motet grégorien, presque intégralement dans le mode de également. Seul le “Amen” fait entendre la sensible : le do dièze. Dans le monde romantique de l’époque, c’est plutôt exceptionnel.

L’harmonie est héritée des couleurs romantiques : l’accord de septième de dominante dans son renversement +6 cher à Schumann à la mesure 3, la demi-cadence amenée par mouvement contraire de la basse et du chant à la mesure 8, le mi b de “Sanguis” à l’alto (encore un +6). Mais, somme toute, cette harmonie reste très sobre comparativement à Lully. Dans ce monde romantique qui n’a pas encore retrouvé parfaitement la modalité grégorienne, une telle harmonie est comparable aux œuvres les plus religieuses, tel le Requiem de Fauré.

Sans en faire l’archétype du chant liturgique, il faut conclure que cet Anima Christi est digne d’entrer dans les fonctions du culte. Sa simplicité le rendra accessible à des chorales peu expérimentées, elle touchera aussi les fidèles dans un esprit plus intérieur, ce que les paroles de la prière appellent. Son écriture assez regroupée dans le grave lui donne un aspect un peu corse qui ne semble pas avoir une importance capitale dans la composition.

Âme du Christ, l’archétype du chant vernaculaire

Le père Joseph Gelineau, dont nous avons déjà parlé comme étant le prophète de la nouvelle musique de la nouvelle liturgie4 met en musique la prière de saint Ignace, mais selon une traduction française. Ceci conformément à son principe que la liturgie doit être intégralement dans la langue du peuple afin de lui être tout à fait accessible.

Comme Auguste Chérion, il utilise le mode mineur, mais avec un attrait plus net pour la sensible, ce demi-ton qui crée une grande tension entre ré dièze et mi. Ce n’est pas dans la mélodie elle-même, mais dans les voix secondaires qui viennent la compléter au fur et à mesure.

Son rythme est très rudimentaire et assez répétitif, ceci est une caractéristique de la musique de ce Jésuite : il faut que tous puissent être facilement entraînés par la musique. Toutefois il ne s’agit pas d’un rythme de rock comme on le trouvera ensuite dans les chants de l’Emmanuel. La mélodie est aussi toute simple, plutôt dans la même optique mais sans excès.

Comme il fallait s’y attendre, malgré les prétentions du compositeur à s’inspirer du chant grégorien, le fait qu’il se base sur les principes modernistes appliqués à la musique se ressent même dans ce motet qui est pourtant le plus facile à admettre parmi ses œuvres.

Frisina, le tube venu tout droit du Vatican

Marco Frisina est romain. Né à Rome en 1954, il a étudié la composition au Conservatoire de Sainte Cécile et la théologie à la Grégorienne. Il fut ordonné prêtre en 1982 et exerce son ministère à Rome. Il est professeur à l’Université Pontificale du Latran et à l’Université Sainte-Croix. Il fut directeur de la liturgie au vicariat de Rome de 1991 à 2011. Il dirige depuis 1984 le chœur du diocèse de Rome qui anime la plupart des cérémonies papales. On peut résumer en disant que c’est le compositeur du Vatican. En quelque sorte il a bien succédé à notre Jésuite pour la direction de la Réforme Liturgique au niveau musical. Sa musique est très marquée par le cinéma. Il a lui-même composé pour de nombreux films religieux, ainsi que beaucoup d’oratorios et opéras.

Son Anima Christi5, extrait de l’album Pane di Vita Nuova paru en 2000 reprend en partie la mélodie du motet grégorien. Il est aussi en mode ancien de sur si, mais la sensible (la #) vient apparaître à la voix de ténor. Toutefois cette apparition n’est pas fortuite puisqu’elle crée une demi-cadence à la fin de la première phrase et une cadence parfaite à la fin du refrain comme du couplet. En clair l’harmonie devient tonale à chaque cadence, c’est-à-dire à chaque endroit où elle s’affirme clairement. C’est ce qui lui donne un aspect plus romantique qui séduit beaucoup. En effet la sensible chatouille l’oreille et procure un plaisir immédiat, ce à quoi se refuse la musique modale qui propose une palette d’expression beaucoup plus large.

La similitude avec la musique de Joseph Gelineau ne se réduit pas à l’état d’esprit d’origine. Le rythme est tout aussi scandé : noire, deux croches, noire. La conclusion en ralentissement du rythme est tout aussi significative : s’assurer de l’unité d’une foule à laquelle on demande tout sauf la moindre élévation artistique par une scansion tellement claire qu’elle en devient primaire. Nous pourrions reprendre les mots de Duruflé se plaignant du peu de considération qu’on a vis-à-vis de la foule des fidèles, qu’on semble considérer comme une assemblée de retardés. Rien à voir avec le rythme de nos cantiques anciens, facile à retenir mais élevant et quelque peu varié. Quant au rythme du mot latin, un effort est fait pour que les accents latins se retrouvent bien à l’appui, quitte à inverser les mots où à accélérer tout à coup le rythme des syllabes sans lien avec le rythme de la phrase. Le résultat est qu’il est parfois très difficile de chanter correctement le texte, en particulier dans le passage « Ne permittas a me Te separari ».

Le texte est légèrement modifié, mais cela n’y porte pas vraiment atteinte.

La conclusion est assez évidente : la modalité et le rythme ne sont pas très élevés, on peut difficilement parler de musique sacrée au sens de saint Pie X. Mais il fallait s’y attendre puisqu’il s’agit de musique sacrée au sens de Vatican II et du Père Gelineau.

Bernard Gélineau, un chant 100 % tradi

Bernard Gélineau est né en 1954. Après des études musicales classiques, après avoir participé à la formation des organistes liturgiques modernes, il a connu la Tradition, y compris dans son aspect musical, grâce au chanoine Robin. Directeur du Conservatoire de musique de Château-Gontier pendant 30 ans, il fut en même temps président du Centre Grégorien Saint-Pie-X qui œuvre depuis 20 ans à la formation des chorales dans le district de France et dans de nombreuses communautés religieuses fidèles à Mgr Lefebvre.

Anima Christi6 utilise non le 1er mode grégorien mais le 4e qui est reconnu comme le plus intérieur des modes grégoriens. Ici pas de sensible (au sens musical du terme, pas de tension de demi-ton) mais un mode contemplatif. La mélodie vient se poser sur le mi en terminant par un demi-ton descendant (l’anti-sensible on pourrait dire), ce qui ne donne pas une allure conclusive. On dit que ce mode ne finit pas, c’est le cas aussi dans la cadence harmonique : l’accord final est celui de la mineur alors que la note de la mélodie n’est pas le la, mais le mi. Ce n’est donc pas un accord de repos et la cadence n’est pas conclusive. Ce mode est utilisé dans des pièces sublimes du répertoire grégorien, tel l’introït Resurrexi du jour de Pâques.

Le rythme est ici libre, il suit les accents du texte latin dans un débit régulier de croches groupées selon le rythme latin, tout comme une hymne grégorienne.

C’est une volonté expresse du compositeur de rentrer au plus près dans l’esprit du grégorien et les travaux entrepris au XXe siècle en cette matière, travaux dont parle Pie XII en faisant certainement allusion à Maurice Duruflé, entre autres. Ces travaux permettent, à l’aube du XXIe siècle de composer au plus près de l’esprit grégorien en étant affranchi des scories trop sensibles du romantisme qu’on retrouve chez Chérion, par exemple.

Voilà comment une très belle prière peut être traitée de manière très différente par divers compositeurs. Quand nous voulons chanter un beau texte, chantons-le sur une belle musique, et si c’est à l’église, sur une musique qui respecte les lois du chant sacré.

Par l’abbé Louis-Marie Gélineau, prêtre de la FSSPX

2En voici un enregistrement : https://www.youtube.com/watch?v=u1jZo5gBDDY

3En voici un enregistrement : https://www.youtube.com/watch?v=7rvJzlXMZo4 Voici la partition

5Voici le lien d’un enregistrement : https://www.youtube.com/watch?v=lQviJeFiuXo Voici la partition

6Voici un enregistrement et la partition

 

Après avoir défini la musique liturgique, appliquons à un manuel de chant de référence, celui du chanoine Besnier, les règles de l'article "Définition de la musique liturgique d'après le magistère". Nous remercions M. Bernard Gélineau pour la mise à disposition de ce travail.

1ère partie : Vérités chrétiennes

I - Fins dernières

N° 2 bis - Nous passons comme une ombre

N° 2 ter - Nous n’avons à faire

N° 3 - Chrétien travaille à ton salut

N° 4 - Pensez-y bien

N° 7 bis - Je crois au Paradis

N° 8 bis - Le ciel en est le prix

N° 9 - Au fond des brûlants abîmes

II - Péché et contrition

N° 10 bis – Changeons de vie

N° 12 – Vous qui voyez

N° 14 – Vous m’appelez

N° 15 – Reviens pécheur

III - Vertus chrétiennes

N° 17 – Je suis chrétien (pour les pèlerinages)

N° 18 – Heureux qui dès son enfance

N° 18 bis – Seigneur, la prière

N° 18 ter – Dès le réveil de la lumière

N° 19 – Goûtez, âmes ferventes

N° 19 ter – Vers vous, la foi m’incline

N° 21 - Mon Dieu ta voix publie

N° 22 – Vers la mort qui vient

N° 23 – Puisque Dieu nous aime

IV - Louanges divines

N° 25 – Honneur au Dieu du monde

N° 26 – Qu’il est admirable

N° 27 – Vers toi, divin Père

N° 28 bis – Comblés de grâces

2ère partie : Cycle liturgique

I - Avent

N° 34 – Venez, divin Messie

N° 34 bis – Dieu très bon, Dieu sauveur

N° 35 – Paraissez, Monarque aimable

N° 36 – Versez du ciel

N° 37 – O Dieu de clémence

II - Noël

N° 38 - Il est né, le divin Enfant

N° 39 – Les Anges dans nos campagnes

N° 40 – Le Fils du Roi de gloire

N° 41 – En cette nuit

N° 42 – Nuit sombre, ton ombre

N° 43 – Retentissez, sonnez musique

N° 44 – Voici la Noël ! et Les chœurs angéliques

N° 45 Noël ! Noël ! Au grand Dieu

N° 46 bis – Que j’aime ce divin Enfant

N° 47 – Noël ! C’est Noël !

N° 48 – Votre divin Maître (1er air)

N° 49 - Votre divin Maître (2e air)

N° 50 – La douce Vierge

N° 51 – En l’air pur de la nuit

N° 53 – Il est venu vers nous (Epiphanie)

N° 54 – Son étoile a lui (Epiphanie)

N° 55 – Chantons l’enfance

N° 55 bis – Dans cette étable

III - Carême

Pour le temps de la Septuagésime et le Carême, voir cantiques sur les Vérités chrétiennes, le Péché et la Contrition dans la 1ère partie du Manuel.

IV – Passion -Rameaux- Semaine Sainte

N° 56 – Vive Jésus ! Vive sa Croix !

N° 58 – Lorsqu’un Dieu

V – Pâques

N° 59 – Gloire au puisant Vainqueur (pour une chorale)

N° 60 bis – Jésus, notre Maître

N° 61 – Qu’il est puisant et beau

N° 62 – Acclamons le Roi de gloire

VI – Ascension

N° 63 bis – Le Maître s’élève

VII – Pentecôte

N° 64 – O Saint-Esprit, céleste flamme

N° 65 – Esprit d’amour

N° 66 – Esprit-Saint, Dieu de lumière

N° 68 – O Saint-Esprit, dont la bonté

VIII – Sainte Trinité

Voir cantique n° 19ter « Vers vous la foi m’incline »

IX – Toussaint

N° 69 – Chantons les combats

N° 70 – Elus qui dans la gloire (pour une chorale)

N° 71 bis – La voix des trépassés (Prière à la Ste Vierge pour les âmes du purgatoire)

3ème partie : Sacré Cœur

I – Christ-Roi

N° 73 – Règne à jamais

N° 74 – L’heure sainte est venue

N° 74 bis – O Christ, que tant d’hommes blasphèment

II – Dévotion générale au Sacré-Cœur

N° 75 – Aux habitants de la sainte Patrie

N° 78 – Cœur sacré du divin Jésus

N° 81 bis – Invocations au Sacré-Cœur

N° 87 – O Dieu dont l’amour

N° 89 – O Jésus, doux Sauveur

N° 92 – O Cœur divin

N° 93 – Salut, Cœur adorable

III – Amende honorable au Sacré-Cœur

N° 97 – Pitié, mon Dieu !

4ème partie : Saint-Sacrement

I – Dévotion générale au Saint-Sacrement

N° 99 – En vain, sous l’apparence

N° 100 – Enfants de l’Eglise (pour une chorale)

N° 101 – L’Eucharistie, c’est mon bonheur

N° 102 bis – Dieu du Ciel et Dieu du Cénacle

N° 103 – O l’auguste Sacrement

N° 104 – O bon Pasteur

N° 105 – O Pain du ciel

N° 105 bis - Je vous adore, ô sainte Eucharistie

N° 105 ter – Sus l’humble voile

N° 108 – Sur chaque autel

II – Communion

A – Avant

N° 109 – Il va venir

N° 111 – O mon bon Jésus

N° 114 – O Victime d’amour

N° 116 – Heureux moments

B – Avant et après la communion

N° 118 – Mon âme vous désire

N° 119 – Le voici, l’agneau si doux

C – Après la communion

N° 120 – O mon Jésus

N° 121 – Il est venu

N° 124 – Mon âme, adore, anéantie

III – Communion solennelle

Néant

IV – Processions, Fête-Dieu et réunions eucharistiques

A – Processions et Fête-Dieu

N° 128 – Chantez l’hosanna triomphal

N° 129 – Devant l’Hostie, courbons

B – Réunions eucharistiques

N° 131 – Sainte Eucharistie

N° 132 bis – Devant l’hostie à genoux

N° 133 bis – Verbe éternel, ô Dieu Sauveur

N° 133 quater – L’Eglise en prière

5ème partie : Sainte Vierge

I – Fêtes et vocables de la Sainte Vierge

N° 136 – O Marie, vous êtes toute belle (Immaculée conception)

N° 137 – A Nazareth (Annonciation)

N° 138 – Glorieuse Marie (Visitation)

N° 140 – Tu tiens, ô Marie (ND de Lourdes)

N° 141 bis – Les Mystères du Rosaire

N° 142 – Entends ma prière (Rosaire)

N° 142 bis – O Notre-Dame du Carmel

N° 143 – Mère, au pied de la Croix (ND des 7 douleurs)

N° 144 – Quand du ciel (ND du Bon Secours)

N° 144 bis – Vous trouverez en moi (ND du Bon Conseil)

II – Notre-Dame de France

N° 149 – O Marie, ô Mère chérie (pour les pèlerinages)

N° 150 – Notre-Dame de France (pour les pèlerinages)

N° 150 bis – C’est toi, Mère chérie (sur l’air du cantique n° 19)

N° 151 - A tes pieds, ô tendre Mère

N° 152 – Venez, chrétiens (pour les processions)

III – Antiennes et litanies

N° 157 – Salve Regina ! ô Mère

N° 158 – O Vierge Marie, Mère (Litanies)

N° 159 - Vierge Marie (pour une chorale)

N° 160 – O Vierge très belle

N° 161 bis – Nous voulons Dieu ! (pour les processions)

IV – Louanges à la Sainte Vierge

N° 163 – Avec les chœurs des Anges (pour une chorale)

N° 163 bis – Chantons tous d’un cœur joyeux (pour une chorale)

N° 165 Au ciel et sur terre (pour les processions)

N° 166 – Beau lis de note vallée

N° 168 bis – Que la terre vénère (mélodie plus naturelle sans le fa#)

N° 169 – Des Saints et des Anges

N° 169 bis – De concert avec les Anges

N° 170 – Par l’Ave Maria

N° 173 – Quand vint sur terre

N° 174 – Quels chants d’allégresse !

N° 175 bis – Puissante Mère du Seigneur (pour une chorale)

N° 176 – O Vierge, c’est par toi (pour une chorale)

V – Prières à la Sainte Vierge

N° 178 – Du haut des cieux

N° 179 – dans ton sanctuaire

N° 180 – J’irai la voir un jour

N° 183 – Pour nous parler (prière à ND de Lourdes)

N° 186 – Je mets ma confiance (1er air)

N° 186 bis – Je mets ma confiance (2e air mais mélodie plus naturelle sans le fa#)

N° 188 – Souvenez-vous, ô bonne Mère !

N° 188 bis – L’ombre s’étend sur la terre (prière du soir)

N° 189 – O Vierge, entends

N° 189 bis – Reine des Cieux

N° 190 bis – Je vous salue, Marie

VI – Consécration à la Sainte Vierge

N° 193 – O ma reine, ô Vierge Marie

N° 194 – Oh ! quel trésor !

N° 195 – Sainte Vierge Marie

N° 197 – Vos enfants chéris

VI – Mois de Marie et Angelus

N° 199 bis – C’est le mois de Marie

N° 199 ter – Je vous salue avec amour

6ème partie : Les Saints

Saint Joseph

N° 201 – Vous que Jésus (pour une chorale)

N° 203 – Chantons Joseph

N° 205 ter – Joseph, parfait modèle

N° 206 bis – Quand pour moi viendra l’heure (St-Joseph, patron de la bonne mort)

Saint Anne

N° 207 – Sainte Anne, ô bonne Mère

N° 207 bis – O sainte Anne, ô Marie

N° 207 ter – Nous vous prions à deux genoux

Saint Pierre et Saint Paul

N° 208 – Sainte Église

Aux Saints Martyrs

N° 209 – Sois fière, ô terre

Saint Jeanne d’Arc

N° 210 – A ton appel (Ode à Jeanne d’Arc)

N° 211 - Bienheureuse Libératrice

N° 212 – Simple et pieuse pastourelle

Au Saint Patron

N° 213 – Toi dont l’âme en paix contemple

Sainte Cécile

N° 214 – Patronne des saintes louanges (pour une chorale)

Aux Saints Anges gardiens

N° 215 – O vous qui passez les jours

N° 215 bis – Ange dont la présence

A Saint Louis de Gonzague

N° 216 – O grand Saint, que notre terre

A Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus

N° 217 – Virginale Rose

N° 218 – Ton âme est sœur

7ème partie : Pour diverses circonstances

N° 219 – Prêtre, quel chant d’allégresse (première messe ou jubilé sacerdotal)

N° 220 – Daignez bénir, ô Vierge prêtre (ND de la vocation) (pour une chorale)

N° 221 – O bon Maître, vos apôtres (pour le recrutement sacerdotal)

N° 222 – Dieu, mettez dans nos écoles (pour le recrutement des religieux éducateurs)

N° 225 – Pour que le Dieu d’Israël (pour un mariage) (pour une chorale)

N° 226 – Comme un signe d’espérance (en l’honneur des mères)

N° 227 – J’engageai ma promesse (pour la rénovation des promesses du baptême)

N° 230 – O France, ô ma Patrie (cantique patriotique) (procession avec fanfare)

N° 231 – De la France qui se lève (aux saints, protecteurs de la France)

Après avoir défini la musique liturgique, appliquons à un manuel de chant de référence, celui du chanoine Besnier, les règles de l'article "Définition de la musique liturgique d'après le magistère". Nous remercions encore les Capucins pour la mise à disposition de ce travail.

Motets au Saint-Sacrement

Adoro te devote (hymne) p. 270

Alleluia, Caro mea p. 270 *

Anima Christi p. 266

Ave verum p. 264

Ecce panis (séquence) p. 265

Gustate (antienne et doxologie) p. 266

Homo quidam (répons) p. 274

In deserto (séquence) p. 268

Jesu dulcis memoria (hymne) (1) p. 271

Jesu dulcis memoria (hymne) (2) (édition vaticane) p.272

O panis dulcissime (séquence) p. 267

O quam suavis (Antienne) p. 269

O sacrum convivium (Antienne) p. 269

O salutaris (tous sauf le n° 2) p. 261, 262, 263 pour les différents temps de l’année liturgique

Panem cæli (antienne et doxologie) p. 274

Panis angelicus (hymne) (2) p. 264 (pas le n° 1)

Pie Pellicane (in Adoro te) p. 271

Ubi caritas (antienne et versets) p. 275

Unus panis (répons) p. 268

Pange lingua (hymne) p. 392

Sacris solemnis (hymne) p. 393

Verbum superbum (hymne) p. 394

*Les chants signalés en gras offrent une plus grande perfection liturgique grâce à leur composition plus traditionnelle. Peut-être qu’il s’en trouve d’autres dans la présente liste. (à rechercher)

Motets au Sacré-Cœur

Cor dulce, Cor amabile (cantique) p. 279

Jesu, paterni pectoris (hymne) p. 276

O Cor, amoris victima (hymne) p. 278

Salve, latus Salvatoris (hymne) p. 276

Motets à la Sainte Vierge

Ab hac familia (cantique) p. 303

Ad te confugimus (prose) p. 301

Alma Redemptoris Mater (antienne au ton simple) p. 299

Ave Maria (ton simple) p. 301

Ave Maria (Ed. vaticane) p. 301

Ave Maria (séquence) p. 310

Ave Regina cælorum (ton simple) p. 299

Ave Virgo speciei (hymne) p. 315

Concordi laetitia (hymne) p.302

Gloriosæ Matris Dei (séquence) p.309

Inviolata p. 305

Maria mater gratiæ (hymne) p. 304

Omnis expertem (hymne) p. 307

O quam glorifica (hymne) p. 307

O Maria, gratia plena (cantique) p. 306

Quam pulchre graditur (hymne) p. 319

Regina cæli (ton simple) p. 300

Salve Mater (cantique) p. 313

Salve Regina (ton simple) p. 300

Salve Virgo singularis I p. 305

Salve Virginale (répons) p. 314

Sub tuum I p. 302

Tota pulchra es (cantique) p. 312

Virgo Dei genitrix (hymne) p. 304

Virgo parens (répons) p. 311

Divers temps et fêtes

Avent

Rorate cæli desuper (cantique) p. 340

Noël

Ecce nomen Domini p. 342

Puer natus (cantique) p. 311

Carême

Attende Domine (cantique) p. 345

Media vita (répons) p. 347

Miserere (Ps.50) p.347

Parce Domine p. 349

Passion

Stabat Mater p. 349

Pâques

Isti sunt agni novelli (cantique) p. 352

Saint Joseph

Ecce fidelis (antienne) p. 357

O felicem virum p. 356

Te Joseph (hymne) p. 357

Défunts

O salutaris hostia sacra (hymne) p. 358

Languentibus (hymne) p. 359

De profundis ascendentem p. 359

Saluts du Saint-Sacrement

Tu es Petrus p. 366

Oremus I- II- IV p. 367

Tantum 1, 2, 4, 5, 6, 7 p. 368 à 370

Post benedictionem

In manus tua (répons brefs) p. 386

Laudemus Dominum p. 387

Maneant in vobis p. 387

Divers

Veni, Creator Spiritus (hymne) p. 361

Te Deum (ton simple) p. 361

Chant de l’Angelus p. 364

Cor Jesu 1, 2, 3, 4 et 6 p. 365

Litanies du Sacré-Cœur de Jésus p. 400

Sub tuum (antienne, verset du Ps. 120 et doxologie) p. 402

Litanies de Lorette I - II – III p. 402 à 406

Procession des Rogations (antienne Exsurge Domine, litanies des saints et Ps. 69) p. 406

O Crux ave (2 strophes) p. 411

Crucem tuam (antienne et verset du Ps. 66)

Sacerdos et Pontifex (antienne) p. 413

Confirma hoc Deus (antienne et doxologie) p. 414

Chemin de la Croix (O Crux ave ; Sancta Mater istud agas ; Parce Domine ; Pie Jesu domine) p. 415