Après avoir défini la musique liturgique, appliquons à un manuel de chant de référence, celui du chanoine Besnier, les règles de l'article "Définition de la musique liturgique d'après le magistère". Nous remercions M. Bernard Gélineau pour la mise à disposition de ce travail.

1ère partie : Vérités chrétiennes

I - Fins dernières

N° 2 bis - Nous passons comme une ombre

N° 2 ter - Nous n’avons à faire

N° 3 - Chrétien travaille à ton salut

N° 4 - Pensez-y bien

N° 7 bis - Je crois au Paradis

N° 8 bis - Le ciel en est le prix

N° 9 - Au fond des brûlants abîmes

II - Péché et contrition

N° 10 bis – Changeons de vie

N° 12 – Vous qui voyez

N° 14 – Vous m’appelez

N° 15 – Reviens pécheur

III - Vertus chrétiennes

N° 17 – Je suis chrétien (pour les pèlerinages)

N° 18 – Heureux qui dès son enfance

N° 18 bis – Seigneur, la prière

N° 18 ter – Dès le réveil de la lumière

N° 19 – Goûtez, âmes ferventes

N° 19 ter – Vers vous, la foi m’incline

N° 21 - Mon Dieu ta voix publie

N° 22 – Vers la mort qui vient

N° 23 – Puisque Dieu nous aime

IV - Louanges divines

N° 25 – Honneur au Dieu du monde

N° 26 – Qu’il est admirable

N° 27 – Vers toi, divin Père

N° 28 bis – Comblés de grâces

2ère partie : Cycle liturgique

I - Avent

N° 34 – Venez, divin Messie

N° 34 bis – Dieu très bon, Dieu sauveur

N° 35 – Paraissez, Monarque aimable

N° 36 – Versez du ciel

N° 37 – O Dieu de clémence

II - Noël

N° 38 - Il est né, le divin Enfant

N° 39 – Les Anges dans nos campagnes

N° 40 – Le Fils du Roi de gloire

N° 41 – En cette nuit

N° 42 – Nuit sombre, ton ombre

N° 43 – Retentissez, sonnez musique

N° 44 – Voici la Noël ! et Les chœurs angéliques

N° 45 Noël ! Noël ! Au grand Dieu

N° 46 bis – Que j’aime ce divin Enfant

N° 47 – Noël ! C’est Noël !

N° 48 – Votre divin Maître (1er air)

N° 49 - Votre divin Maître (2e air)

N° 50 – La douce Vierge

N° 51 – En l’air pur de la nuit

N° 53 – Il est venu vers nous (Epiphanie)

N° 54 – Son étoile a lui (Epiphanie)

N° 55 – Chantons l’enfance

N° 55 bis – Dans cette étable

III - Carême

Pour le temps de la Septuagésime et le Carême, voir cantiques sur les Vérités chrétiennes, le Péché et la Contrition dans la 1ère partie du Manuel.

IV – Passion -Rameaux- Semaine Sainte

N° 56 – Vive Jésus ! Vive sa Croix !

N° 58 – Lorsqu’un Dieu

V – Pâques

N° 59 – Gloire au puisant Vainqueur (pour une chorale)

N° 60 bis – Jésus, notre Maître

N° 61 – Qu’il est puisant et beau

N° 62 – Acclamons le Roi de gloire

VI – Ascension

N° 63 bis – Le Maître s’élève

VII – Pentecôte

N° 64 – O Saint-Esprit, céleste flamme

N° 65 – Esprit d’amour

N° 66 – Esprit-Saint, Dieu de lumière

N° 68 – O Saint-Esprit, dont la bonté

VIII – Sainte Trinité

Voir cantique n° 19ter « Vers vous la foi m’incline »

IX – Toussaint

N° 69 – Chantons les combats

N° 70 – Elus qui dans la gloire (pour une chorale)

N° 71 bis – La voix des trépassés (Prière à la Ste Vierge pour les âmes du purgatoire)

3ème partie : Sacré Cœur

I – Christ-Roi

N° 73 – Règne à jamais

N° 74 – L’heure sainte est venue

N° 74 bis – O Christ, que tant d’hommes blasphèment

II – Dévotion générale au Sacré-Cœur

N° 75 – Aux habitants de la sainte Patrie

N° 78 – Cœur sacré du divin Jésus

N° 81 bis – Invocations au Sacré-Cœur

N° 87 – O Dieu dont l’amour

N° 89 – O Jésus, doux Sauveur

N° 92 – O Cœur divin

N° 93 – Salut, Cœur adorable

III – Amende honorable au Sacré-Cœur

N° 97 – Pitié, mon Dieu !

4ème partie : Saint-Sacrement

I – Dévotion générale au Saint-Sacrement

N° 99 – En vain, sous l’apparence

N° 100 – Enfants de l’Eglise (pour une chorale)

N° 101 – L’Eucharistie, c’est mon bonheur

N° 102 bis – Dieu du Ciel et Dieu du Cénacle

N° 103 – O l’auguste Sacrement

N° 104 – O bon Pasteur

N° 105 – O Pain du ciel

N° 105 bis - Je vous adore, ô sainte Eucharistie

N° 105 ter – Sus l’humble voile

N° 108 – Sur chaque autel

II – Communion

A – Avant

N° 109 – Il va venir

N° 111 – O mon bon Jésus

N° 114 – O Victime d’amour

N° 116 – Heureux moments

B – Avant et après la communion

N° 118 – Mon âme vous désire

N° 119 – Le voici, l’agneau si doux

C – Après la communion

N° 120 – O mon Jésus

N° 121 – Il est venu

N° 124 – Mon âme, adore, anéantie

III – Communion solennelle

Néant

IV – Processions, Fête-Dieu et réunions eucharistiques

A – Processions et Fête-Dieu

N° 128 – Chantez l’hosanna triomphal

N° 129 – Devant l’Hostie, courbons

B – Réunions eucharistiques

N° 131 – Sainte Eucharistie

N° 132 bis – Devant l’hostie à genoux

N° 133 bis – Verbe éternel, ô Dieu Sauveur

N° 133 quater – L’Eglise en prière

5ème partie : Sainte Vierge

I – Fêtes et vocables de la Sainte Vierge

N° 136 – O Marie, vous êtes toute belle (Immaculée conception)

N° 137 – A Nazareth (Annonciation)

N° 138 – Glorieuse Marie (Visitation)

N° 140 – Tu tiens, ô Marie (ND de Lourdes)

N° 141 bis – Les Mystères du Rosaire

N° 142 – Entends ma prière (Rosaire)

N° 142 bis – O Notre-Dame du Carmel

N° 143 – Mère, au pied de la Croix (ND des 7 douleurs)

N° 144 – Quand du ciel (ND du Bon Secours)

N° 144 bis – Vous trouverez en moi (ND du Bon Conseil)

II – Notre-Dame de France

N° 149 – O Marie, ô Mère chérie (pour les pèlerinages)

N° 150 – Notre-Dame de France (pour les pèlerinages)

N° 150 bis – C’est toi, Mère chérie (sur l’air du cantique n° 19)

N° 151 - A tes pieds, ô tendre Mère

N° 152 – Venez, chrétiens (pour les processions)

III – Antiennes et litanies

N° 157 – Salve Regina ! ô Mère

N° 158 – O Vierge Marie, Mère (Litanies)

N° 159 - Vierge Marie (pour une chorale)

N° 160 – O Vierge très belle

N° 161 bis – Nous voulons Dieu ! (pour les processions)

IV – Louanges à la Sainte Vierge

N° 163 – Avec les chœurs des Anges (pour une chorale)

N° 163 bis – Chantons tous d’un cœur joyeux (pour une chorale)

N° 165 Au ciel et sur terre (pour les processions)

N° 166 – Beau lis de note vallée

N° 168 bis – Que la terre vénère (mélodie plus naturelle sans le fa#)

N° 169 – Des Saints et des Anges

N° 169 bis – De concert avec les Anges

N° 170 – Par l’Ave Maria

N° 173 – Quand vint sur terre

N° 174 – Quels chants d’allégresse !

N° 175 bis – Puissante Mère du Seigneur (pour une chorale)

N° 176 – O Vierge, c’est par toi (pour une chorale)

V – Prières à la Sainte Vierge

N° 178 – Du haut des cieux

N° 179 – dans ton sanctuaire

N° 180 – J’irai la voir un jour

N° 183 – Pour nous parler (prière à ND de Lourdes)

N° 186 – Je mets ma confiance (1er air)

N° 186 bis – Je mets ma confiance (2e air mais mélodie plus naturelle sans le fa#)

N° 188 – Souvenez-vous, ô bonne Mère !

N° 188 bis – L’ombre s’étend sur la terre (prière du soir)

N° 189 – O Vierge, entends

N° 189 bis – Reine des Cieux

N° 190 bis – Je vous salue, Marie

VI – Consécration à la Sainte Vierge

N° 193 – O ma reine, ô Vierge Marie

N° 194 – Oh ! quel trésor !

N° 195 – Sainte Vierge Marie

N° 197 – Vos enfants chéris

VI – Mois de Marie et Angelus

N° 199 bis – C’est le mois de Marie

N° 199 ter – Je vous salue avec amour

6ème partie : Les Saints

Saint Joseph

N° 201 – Vous que Jésus (pour une chorale)

N° 203 – Chantons Joseph

N° 205 ter – Joseph, parfait modèle

N° 206 bis – Quand pour moi viendra l’heure (St-Joseph, patron de la bonne mort)

Saint Anne

N° 207 – Sainte Anne, ô bonne Mère

N° 207 bis – O sainte Anne, ô Marie

N° 207 ter – Nous vous prions à deux genoux

Saint Pierre et Saint Paul

N° 208 – Sainte Église

Aux Saints Martyrs

N° 209 – Sois fière, ô terre

Saint Jeanne d’Arc

N° 210 – A ton appel (Ode à Jeanne d’Arc)

N° 211 - Bienheureuse Libératrice

N° 212 – Simple et pieuse pastourelle

Au Saint Patron

N° 213 – Toi dont l’âme en paix contemple

Sainte Cécile

N° 214 – Patronne des saintes louanges (pour une chorale)

Aux Saints Anges gardiens

N° 215 – O vous qui passez les jours

N° 215 bis – Ange dont la présence

A Saint Louis de Gonzague

N° 216 – O grand Saint, que notre terre

A Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus

N° 217 – Virginale Rose

N° 218 – Ton âme est sœur

7ème partie : Pour diverses circonstances

N° 219 – Prêtre, quel chant d’allégresse (première messe ou jubilé sacerdotal)

N° 220 – Daignez bénir, ô Vierge prêtre (ND de la vocation) (pour une chorale)

N° 221 – O bon Maître, vos apôtres (pour le recrutement sacerdotal)

N° 222 – Dieu, mettez dans nos écoles (pour le recrutement des religieux éducateurs)

N° 225 – Pour que le Dieu d’Israël (pour un mariage) (pour une chorale)

N° 226 – Comme un signe d’espérance (en l’honneur des mères)

N° 227 – J’engageai ma promesse (pour la rénovation des promesses du baptême)

N° 230 – O France, ô ma Patrie (cantique patriotique) (procession avec fanfare)

N° 231 – De la France qui se lève (aux saints, protecteurs de la France)

Après avoir défini la musique liturgique, appliquons à un manuel de chant de référence, celui du chanoine Besnier, les règles de l'article "Définition de la musique liturgique d'après le magistère". Nous remercions encore les Capucins pour la mise à disposition de ce travail.

Motets au Saint-Sacrement

Adoro te devote (hymne) p. 270

Alleluia, Caro mea p. 270 *

Anima Christi p. 266

Ave verum p. 264

Ecce panis (séquence) p. 265

Gustate (antienne et doxologie) p. 266

Homo quidam (répons) p. 274

In deserto (séquence) p. 268

Jesu dulcis memoria (hymne) (1) p. 271

Jesu dulcis memoria (hymne) (2) (édition vaticane) p.272

O panis dulcissime (séquence) p. 267

O quam suavis (Antienne) p. 269

O sacrum convivium (Antienne) p. 269

O salutaris (tous sauf le n° 2) p. 261, 262, 263 pour les différents temps de l’année liturgique

Panem cæli (antienne et doxologie) p. 274

Panis angelicus (hymne) (2) p. 264 (pas le n° 1)

Pie Pellicane (in Adoro te) p. 271

Ubi caritas (antienne et versets) p. 275

Unus panis (répons) p. 268

Pange lingua (hymne) p. 392

Sacris solemnis (hymne) p. 393

Verbum superbum (hymne) p. 394

*Les chants signalés en gras offrent une plus grande perfection liturgique grâce à leur composition plus traditionnelle. Peut-être qu’il s’en trouve d’autres dans la présente liste. (à rechercher)

Motets au Sacré-Cœur

Cor dulce, Cor amabile (cantique) p. 279

Jesu, paterni pectoris (hymne) p. 276

O Cor, amoris victima (hymne) p. 278

Salve, latus Salvatoris (hymne) p. 276

Motets à la Sainte Vierge

Ab hac familia (cantique) p. 303

Ad te confugimus (prose) p. 301

Alma Redemptoris Mater (antienne au ton simple) p. 299

Ave Maria (ton simple) p. 301

Ave Maria (Ed. vaticane) p. 301

Ave Maria (séquence) p. 310

Ave Regina cælorum (ton simple) p. 299

Ave Virgo speciei (hymne) p. 315

Concordi laetitia (hymne) p.302

Gloriosæ Matris Dei (séquence) p.309

Inviolata p. 305

Maria mater gratiæ (hymne) p. 304

Omnis expertem (hymne) p. 307

O quam glorifica (hymne) p. 307

O Maria, gratia plena (cantique) p. 306

Quam pulchre graditur (hymne) p. 319

Regina cæli (ton simple) p. 300

Salve Mater (cantique) p. 313

Salve Regina (ton simple) p. 300

Salve Virgo singularis I p. 305

Salve Virginale (répons) p. 314

Sub tuum I p. 302

Tota pulchra es (cantique) p. 312

Virgo Dei genitrix (hymne) p. 304

Virgo parens (répons) p. 311

Divers temps et fêtes

Avent

Rorate cæli desuper (cantique) p. 340

Noël

Ecce nomen Domini p. 342

Puer natus (cantique) p. 311

Carême

Attende Domine (cantique) p. 345

Media vita (répons) p. 347

Miserere (Ps.50) p.347

Parce Domine p. 349

Passion

Stabat Mater p. 349

Pâques

Isti sunt agni novelli (cantique) p. 352

Saint Joseph

Ecce fidelis (antienne) p. 357

O felicem virum p. 356

Te Joseph (hymne) p. 357

Défunts

O salutaris hostia sacra (hymne) p. 358

Languentibus (hymne) p. 359

De profundis ascendentem p. 359

Saluts du Saint-Sacrement

Tu es Petrus p. 366

Oremus I- II- IV p. 367

Tantum 1, 2, 4, 5, 6, 7 p. 368 à 370

Post benedictionem

In manus tua (répons brefs) p. 386

Laudemus Dominum p. 387

Maneant in vobis p. 387

Divers

Veni, Creator Spiritus (hymne) p. 361

Te Deum (ton simple) p. 361

Chant de l’Angelus p. 364

Cor Jesu 1, 2, 3, 4 et 6 p. 365

Litanies du Sacré-Cœur de Jésus p. 400

Sub tuum (antienne, verset du Ps. 120 et doxologie) p. 402

Litanies de Lorette I - II – III p. 402 à 406

Procession des Rogations (antienne Exsurge Domine, litanies des saints et Ps. 69) p. 406

O Crux ave (2 strophes) p. 411

Crucem tuam (antienne et verset du Ps. 66)

Sacerdos et Pontifex (antienne) p. 413

Confirma hoc Deus (antienne et doxologie) p. 414

Chemin de la Croix (O Crux ave ; Sancta Mater istud agas ; Parce Domine ; Pie Jesu domine) p. 415

Ce long article présente les documents pontificaux sur la musique sacrée. Ils sont largement cités et les citations sont en gras pour leur donner le poids nécessaire. Nous remercions les pères capucins pour ce travail de qualité.

 

Jésus-Christ ayant confié le culte divin à son Église, c’est à elle qu’il appartient dès lors de régir tout ce qui le compose. C’est pourquoi, devant définir la musique liturgique, nous nous référerons au magistère des souverains Pontifes. La fin, la nature, le répertoire, et l’artiste sacré, telles seront les articulations de notre étude.

Ce jeune compositeur, né en 1978, séduit beaucoup de chœurs professionnels ou amateurs aux États-Unis, en Angleterre ou en Allemagne, mais aussi aujourd’hui en France. Il est un grand nom de la musique chorale sacrée aujourd’hui et n’hésite pas à composer en latin sur des airs grégoriens. S’agit-il d’un compositeur liturgique au sens du pape saint Pie X ?

Repères biographiques

Ola Gjeilo1 est né à Skui en Norvège. Il a commencé à jouer du piano et à composer quand il avait cinq ans et à lire la musique quand il en avait sept. Gjeilo a étudié la composition avec Wolfgang Plagge. Dans sa carrière de premier cycle, Gjeilo a étudié à l’Académie norvégienne de musique (1999-2001) puis à la Juillard School (2001) et au Royal College of Music de Londres (2002-2004) où il a obtenu un baccalauréat en composition. Il a poursuivi sa formation à Juilliard (2004-06) où il a obtenu sa maîtrise en 2006, toujours en composition. De 2009 à 2010, Gjeilo a été compositeur en résidence pour Phoenix Chorale, et chez Voces8 en 2016.

Il réside à Manhattan, travaillant comme compositeur indépendant.

Sources d’inspiration

Sa grande inspiration est dans les musiques de film. On le définit souvent comme un compositeur américain, illustrant la ville de New-York. Il a baigné dans tous les genres musicaux actuels : musique savante, jazz, pop et folk.

Thomas Newman, compositeur de musiques de films américain, est l’un de ses modèles. Il suit aussi le pianiste Keith Jarrett et le guitariste Pat Metheny, le verrier Dale Chihuly et l’architecte Frank Gehry.

Style

Particulièrement brillant dans l’écriture chorale, qu’il accompagne volontiers lui-même au piano, Ola Gjeilo n’a pas un style très unitaire.

On retrouve souvent un accompagnement très régulier et répétitif, caractéristique de la musique de variété, par exemple dans Slepless en 2019, Piano Improvisations en 2012, dans le début de Dark Night of the Soul. Ce style répétitif peut aussi s’apparenter à John Cage.

En revanche le gloria de la Sunrise Mass fait penser à Vivaldi avec un accompagnement de cordes très tonal.

Dans le Kyrie de cette même messe, il utilise un procédé de résonance qui le rapproche des compositeurs minimalistes, tel Arvo Pärt. D’autres passages, dans l’Ave Generosa, par exemple (deuxième partie), font penser à de l’organum médiéval. Harmoniquement il utilise quelquefois des accords basés plus sur la seconde et la quarte que sur la tierce et la quinte, à l’image de Maurice Duruflé. Sa musique est facilement modale, comme beaucoup de compositeurs français au 20e siècle.

Certaines œuvres vocales font entendre une polyphonie proche de l’esprit de la Renaissance, par exemple l’Ubi Caritas avec un ton solennel, des finales bien posées sur de beaux accords parfaits. On remarquera particulièrement le rythme du texte latin et la répartition des phrases musicales aux différentes voix.

En tant que compositeur de musique de films, il sait très bien rendre sa musique représentative. Le cas d’école est la Sunrise Mass où l’unité entre le clip et la musique est parfaite.

Un compositeur liturgique ?

Il semble qu’Ola Gjeilo ait plusieurs cordes à son arc. Il adapte son style à la circonstance. La preuve en est que sa musique des dernières années a tendance à prendre un esprit de musique de “variété”, probablement pour des raisons commerciales.

Il n’a pu connaître l’avant Vatican II, ce n’est donc qu’au travers des compositeurs de l’histoire qu’il s’y réfère. Selon son inspiration, sa musique d’Église revêt donc plus ou moins les caractères d’une musique sacrée.

La Sunrise Mass doit être éliminée d’emblée, car elle s’attache à représenter quelque chose d’étranger à la liturgie. La musique sacrée ne doit pas être représentative, surtout d’un objet étranger à la liturgie comme les planètes, la campagne, le soleil et l’activité humaine.

L’Ubi Caritas et l’Ave Generosa semblent porter les trois caractéristiques données par saint Pie X. Rien n’y est très excessif, dans le rythme comme dans l’expression et le sentimental en est banni, ce qui assure le caractère sacré de cette musique. Elle est de très bonne qualité, en particulier par son traitement du mot latin et l’écriture soignée des différentes voix. Enfin elle cherche une dimension assez universelle, ne serait-ce qu’en mélangeant des styles qui peuvent parler à différentes personnes.

En revanche O Magnum Mysterium, tout comme Ecce Novum, portent trop une influence de la musique de “variété” et de la recherche de l’effet, malgré certains éléments traditionnels.

En conclusion, puisons avec discernement dans ce répertoire récent. Nous souvenant que les papes demandent qu’un compositeur de musique sacrée soit lui-même dans un esprit profondément catholique, nous ne pouvons qu’être méfiants vis-à-vis de compositeurs qui n’ont connu de l’Église qu’un visage défiguré. Toutefois, dans la mesure où ils ont pu connaître par l’histoire les monuments de la musique liturgique, ils sont capables de faire œuvre d’Église.

Par l’abbé Louis-Marie Gélineau

1On peut consulter son site qui contient beaucoup d’enregistrements : http://olagjeilo.com/

Tous les extraits cités se trouvent sur ce site.

Voici un cantique proposé par la Communauté de l’Emmanuel qui se répand comme une traînée de poudre à la fois dans les églises conciliaires et malheureusement chez nous aussi.

Voici une interprétation de référence par « Chorale Music et Mission » :

https://www.youtube.com/watch?v=UiipjJ3PiYI

Un texte peu catéchétique

Quant à son texte, ce chant commente la vision du chapitre 12 de l’Apocalypse et divers titres donnés à Marie. La trame de fond est le thème de la nouvelle Ève mais les allusions à ses privilèges ne sont pas toujours très explicites. Derrière un style poétique peut se cacher un refus d’exprimer le catéchisme, alors que c’est l’objet principal des cantiques en langue vernaculaire selon les directives pontificales.

Quelques titres donnés dans les litanies sont présents : Étoile du matin, Reine des cieux, Vierge immaculée, Vierge sainte. On regrette de n’y voir figurer ni la maternité divine, ni la virginité perpétuelle.

Le premier couplet parle de la mère du Sauveur sans aller plus loin. Le deuxième couplet montre la participation de Marie à l’œuvre rédemptrice seulement dans le fait d’avoir « puisé du côté de son Fils, l’eau et le sang qui sauvent du péché ». On regrette encore ici que les mots “rachat” ou “rédemption” soient refusés. Elle nous « ouvre les portes du jardin », ce qui entretient le parallèle de la nouvelle Ève mais en refusant le mot “Ciel” ou “Paradis”.

Ces omissions sont trop nombreuses pour ne pas refléter une théologie volontairement lacunaire. Tout le catéchisme ne se trouve pas dans chaque chant, mais il convient d’expliciter quelques éléments auxquels on fait allusion.

Une chanson pseudo-modale

Le refrain est en mode de ré, comme beaucoup de cantiques anciens, comme les pièces du premier mode grégorien (introït Gaudeamus, Kyrie de la messe IX et de la messe XI). Pour se placer dans cette modalité, la mélodie évite la sensible, elle fait entendre le ré en dessous du mi final et non le ré dièze qui serait attendu. Toutefois l’harmonisation vient restituer cette sensible par endroit, harmonisation du compositeur lui-même, qui ne trahit donc pas sa pensée. La mélodie, au moins quant au refrain, ne semble pas poser problème.

Mais si l’on regarde un peu plus loin, en faisant le parallèle avec Michel Fugain et sa chanson Une belle histoire1, la similitude est frappante, justement sur cette introduction du refrain. Une citation aussi longue ne peut pas être purement fortuite, il faut tout au moins l’éviter quand on s’en rend compte. Malheureusement il semble que la communauté de l’Emmanuel ait trouvé une bonne occasion d’attirer les jeunes à la rencontre providentielle de la Sainte Vierge en faisant allusion à la rencontre providentielle de la romance de Michel Fugain. Le problème est que cette musique est porteuse d’un état d’esprit qui n’est pas chrétien. Les jeunes vont donc rester dans l’esprit romance en chantant le cantique.

Retour du rock par le rythme !

Comme dans beaucoup de chansons de rock un peu évolué, le couplet, ou du moins la suite entreprend une accélération du rythme ou du moins une complexification. Après un refrain plutôt calme, les doubles croches et les rythmes syncopés font leur apparition sur « Marie, Ève nouvelle », se maintiennent pendant tout le couplet, avant une conclusion bien martelée et ralentie, pour faire revenir le refrain.

L’intérêt de ce rythme est de favoriser la danse et une danse plutôt déhanchée, débraillée. Il n’est pas nécessaire de citer les mises en garde de saint Pie X pour comprendre qu’une telle musique ne peut être employée, ni dans le cadre liturgique ni pour aider la prière.

La grille harmonique de variété.

Les ralentissements du rythme à certains moments du refrain laissent voir le vocabulaire harmonique de cette musique. Contrairement aux musiques grégoriennes ou au folklore ancien, l’harmonie n’est pas un accompagnement de la mélodie, elle est la trame de fond sur laquelle le chanteur pourrait presque improviser. D’ailleurs les variantes entre Fugain et l’Emmanuel montrent qu’il y a une certaine marge de manœuvre en restant dans la “grille”.

Précisément sur le “veur” de “Sauveur”, il s’agit d’une septième de dominante qui va nous mettre en tension maximale vers la reprise de la phrase. Normalement un accord de tension est l’avant-dernier dans une phrase qui se terminera par un certain repos, même si celui-ci n’exclut pas une certaine suspension (la demi-cadence est la virgule de la grammaire musicale). Ici la virgule est placée entre la tension et la détente en accentuant au maximum cette tension par le retard de la sensible. Pour montrer que ce fa dièze doit monter au sol et tirer le plus possible vers le début de la nouvelle phrase, on retarde son arrivée en attaquant d’abord un sol. Ce procédé, appelé appogiature, est très puissant pour augmenter la tension. Mozart l’utilise constamment dans ses mélodies pour conclure ses phrases en retardant la note finale. Ici toute la différence est qu’il met la note de tension là où il devrait y avoir repos. Ceci n’est pas anodin, ce passage de “Sauveur” et d’autres qui lui ressemblent (la fin de toutes les mesures du couplet) lancent le chant. C’est l’harmonie aussi qui fait danser.

Le reste du schéma harmonique, particulièrement dans le couplet est d’une pauvreté caractéristique des musiques dites de “variété” qui sont assez répétitives.

En conclusion, il est inutile de redire que ce cantique ne possède ni le caractère sacré exigé par saint Pie X en premier lieu, ni la qualité musicale qui peuvent en faire une musique digne de la liturgie et même de la prière. Ne nous laissons pas gagner par le libéralisme et soyons ennemis des corruptions de l’art sacré afin de défendre la vraie liturgie.

Par l’abbé Louis-Marie Gélineau, prêtre de la FSSPX