mouvement sonore

  • Le mouvement local, cause du son et de ses qualités sensibles

    Après avoir distingué trois plans dans l’analyse du mouvement sonore, commençons par nous arrêter sur le mouvement local.

    Tout son comporte, à titre de fondement premier et de cause essentielle, un mouvement local ondulatoire, ou vibration du corps à travers lequel il se propage. Il n’y a pas de son, s’il n’y a pas un corps physique en mouvement plus précisément en vibration, et s’il n’y a pas de propagation de cette vibration.

    Quelques considérations physiques nous permettrons de décrire sommairement différents aspects de ce mouvement, et des moyens de l’analyser.

    1 La production du son

    Pour le son, tout commence avec la vibration d’un corps physique, c’est-à-dire le mouvement autour d’une position d’équilibre. Pour que cette vibration donne lieu à un son audible par l’homme, il faut qu’elle ne soit ni trop lente, ni trop rapide. Il faut qu’elle se situe entre vingt et vingt mille oscillations par seconde.

  • Triple mouvement dans la phrase musicale

    Dans les trois articles précédents, quelques mises au point de Dom Frénaud nous ont permis de répondre à des objections contre la théorie de Dom Mocquereau. Nous arrivons maintenant au cœur de son étude, dont le but est de clarifier sur le plan philosophique la notion du rythme.

    Pour cerner avec précision ce qu’est le rythme, il nous faut d’abord définir le mouvement musical. Ce n’est pas une chose facile, car il résulte de multiples mouvements qui se développent simultanément sur des plans très divers. Pour y voir plus clair, distinguons ces différents plans. Nous serons ainsi en mesure de cerner le sujet immédiat de l’ordonnance rythmique, de dire avec précision dans quel plan se situent les relations d’élan à repos qui constituent le rythme.

    La distinction de trois plans

    Par rapport au sens de l’ouïe, qui nous intéresse directement ici, il est naturel de distinguer avec Dom Frénaud trois plans :

    - Un plan antérieur à la sensation auditive, où apparaît un mouvement local ondulatoire : les vibrations sonores.

    - Le plan de la sensation externe elle-même, où se déploient les divers mouvements ou variations qui affectent la qualité sensible et constituent avec elle le sensible par soi.

    - Un plan postérieur à la sensation externe, ou plan psychologique de la perception sensible qui enrichit les données du sens externe de tout l’apport fourni par nos facultés internes (imagination, mémoire, et même intelligence) 1.