rythmique grégorienne

  • Ictus et épisème vertical

    Avec cet article, nous nous proposons de revenir à des considérations plus pratiques en portant notre attention sur une série d’articles intitulée l’Ictus et le Rythme et signée par Dom Gajard entre 1920 et 1921.

    Comme le note Dom Gajard, pour beaucoup le mot ictusrésume la théorie rythmique de Dom Mocquereau et de Solesmes. Il suffit de faire l’ictus, autrement dit, réduire l’exécution du chant à un morcellement continu de petites mesures à deux ou trois temps, commandées par un temps fort, et s’en tenir là, – procédé qui produit sur l’oreille de l’auditeur l’impression d’un rythme forcé, émietté, haché, d’un rythme en globules 1.

    Cette objection n’a pas vieilli. Cent ans après Dom Gajard, il ne nous semble pas inutile de relire ces lignes qui défendent la théorie rythmique mise au point par Dom Mocquereau. À l’époque on l’accusait d’être nouvelle, aujourd’hui on lui reprocherait plutôt d’être périmée. Qu’en est-il ?

  • Introduction

    Qu’est-ce ce que le rythme ?

    Question délicate, question difficile, souvent esquivée par les manuels de solfège, cette question est pourtant au cœur de l’interprétation musicale. On peut l’éviter au point de vue théorique, elle resurgit à l’exécution. Combien de fois n’a-t-on pas entendu un professeur d’instrument se plaindre d’une exécution parfaitement métronomique, mais qui ne chante pas, qui manque de phrasé ? Il y a pourtant une réponse. Ces modestes pages voudraient l’exposer dans la ligne des brillantes recherches d’un humble bénédictin, Dom André Mocquereau. Dérouté par le chant grégorien qui ne cadre pas avec l’enseignement reçu au conservatoire, il étudie en profondeur ce problème du rythme, et donne, aux termes de longues années de recherche, une puissante synthèse sur le sujet.

    Nous présenterons sa démarche à l’aide de ses œuvres, de certains articles écrits dans la Revue Grégorienne sur le sujet, et des ouvrages de Dom Gajard, son successeur immédiat.

    La présente étude est composée de chapitres qui viendront peu à peu enrichir les pages du site du Centre Grégorien Saint-Pie X.

  • Quantité et dynamisme psychologique

    Quelques années plus tard, Dom Frénaud poursuit son étude en envisageant d’une manière plus analytique l’influence des principaux facteurs sur le dynamisme psychologique. De fait l’article de 1939 sera le dernier de la série, et il ne se penchera que sur l’influence de la quantité sur le dynamisme psychologique.

    L’objet qu’il poursuit est toujours le même. Il s’agit de justifier la théorie rythmique de Dom Mocquereau en éliminant le préjugé contraire qui prétendrait réduire le dynamisme musical psychologique à un effet des seules variations intensives, ou tout au moins affirmer que ces variations lui sont essentielles et qu’il ne pourrait être obtenu sans leur intervention 1.